Juifs et Francs-maçons, de Daniel Béresniak

Un livre pro-maçon, pro-juif, qui tente de démonter toute association judéo-maçonnique. (On imagine donc que la volonté conjointe de reconstruction du temple de Salomon n’est pas abordée dans cet ouvrage, ou qu’on y fait l’impasse sur le B’nai B’rith ?)


juifs-et-francs-macons« La Franc-Maçonnerie a contribué efficacement à l’émancipation des Juifs et a l’avènement d’une société plus éclairée et plus ouverte. Malgré cela, les relations entre Juifs et Francs-Maçons n’ont pas été et ne sont pas toujours sereines.

En fait, Juifs et Francs-Maçons ne sont parfaitement réunis que dans l’imaginaire de leurs ennemis communs. Que signifie l’histoire de cette rencontre ?… et les histoires qui la composent ?

Face à ceux qui rêvent de figer le devenir dans un éternel présent, Juifs et Francs-Maçons, au-delà de la diversité des opinions des uns et des autres, maintiennent l’effervescence nécessaire au progrès.

Dans cette perspective, cette rencontre illustre une vérité historique : les progrès d’ordre spirituel, intellectuel, moral et matériel se réalisent là ou les hommes sont bienveillants à l’égard de l’autre (homme et idée), autrement dit, là où l’on se pose des questions et non là ou l’on impose les réponses. Le premier travail, le plus urgent, est de traquer les idées reçues. »

Extrait :

« Judéo-maçonnerie ! Juifs et Francs-Maçons … Pour certains, ces mots représentent le Mal : fascistes, intégristes, xénophobes, racistes, tous installés dans leurs petites certitudes méchantes et étriquées,  tous les haineux enfin, qui possèdent, pour toutes les questions, des réponses, construites selon le schéma : Y a qu’à, suivi d’un verbe d’action violente (Y a qu’a interdire, chasser, tuer). Et, voyez-vous, cela fait déjà pas mal de monde …

L’essentiel du problème réside dans le fait qu’ils haïssent ceux qui refusent de figer le devenir, et en particulier les Juifs et Francs-Maçons, qui eux aspirent à devenir. Pour le Juif, le monde a été créé pour « faire » et il appartient à l’homme de poursuivre, de parfaire la création.

Pour le Maçon, le « voyage » est le principe de l’initiation. Pour voir, pour savoir, pour devenir « meilleur et plus éclairé », pour devenir « un homme libre », il faut « tailler la pierre », « aller plus loin », « rassembler ce qui est épars », autant de formules qui blasonnent l’invention, la création, le possible, l’imprévisible, et non la vérité déjà dite, qui telle une chose, se trouverait dans un seul lieu, fût-ce dans un seul livre.

Juifs et Francs-Maçons sont loin d’être unanimes, loin d’avoir une seule représentation du monde, loin d’adhérer à une seule idéologie. Juifs et Maçons entretiennent l’effervescence prometteuse d’une genèse permanente de la conscience. Ils aiment le brassage, ils sont cosmopolites, ouverts à l’autre, bienveillants à l’égard des différences, partisans des échanges.

Ils voient dans la tradition une invitation à innover. Ils aiment bousculer les préjugés, remettre perpétuellement en question ce que l’on a parfois envie d’estimer définitivement acquis. C’est pourquoi Juifs et Maçons sont persécutés par tous les totalitarismes, aussi bien par ceux de Torquemada et d’Hitler, que ceux de Staline et de Khomeyni. C’est parce que leur fonction est de dissoudre les pensées totalitaires et les idéologies dogmatiques.

Juif et Maçon … D’abord, de quoi s’agit-il ? Ces mots sont généralement perçus comme des étiquettes. Et chacun sait bien où il faut les mettre … Sur des noms. Chacun connaît des Francs-maçons, des Juifs et des Juifs francs-maçons (ou des Francs-Maçons juifs).

Chacun y va de sa liste. La question « Qui en est ? » déclenche l’énumération. Par contre, les questions « Que signifie être juif ? », « Que signifie être franc-maçon ? », déclenchent discussions et polémiques. Les points de vue sont nombreux. Car ces questions concernent l’identité, « l’Etre » et le « Devenir ».

Seul un dieu dispose du privilège d’être simplement « Celui qui est ». Les hommes sont plus compliqués et ils ne peuvent intérioriser cette sublime simplicité qui est de l’ordre de la métaphysique. Car l’homme est une réalité psychologique. La construction de son identité est d’abord une défense contre la peur (peur justifiée par tout ce qui le menace). Construire une identité, c’est se procurer des abris, des ancrages, des repères. Car c’est bien de construction qu’il s’agit ici.

C’est pourquoi, en rapprochant ces deux mots, Juif et Franc-Maçon, nous regardons ce qui se passe chez les hommes lorsqu’ils vivent des expériences propres à favoriser une réelle genèse de la conscience. Il s’agit de la combinaison de deux milieux effervescents dont il nous appartient d’accomplir les promesses.

En effet, s’il nous semble utile de regarder comment se croisent et se rencontrent nos mutuelles et diverses appartenances, ces croisements et ces rencontres, qui favorisent les conditions de l’approfondissement des mythes, nous permettront alors d’aller au-delà de nos certitudes ».

Juifs et Francs-maçons – Un livre méconnu de Daniel Béresniak, Dédié à Meyer Leib Béresniak, Juif et Franc-Maçon, mort à Auschwitz, in memoriam. Editions Bibliophane (1989)

 

Source : troispoints.info

  • Achat
  • Daniel Beresniak, né le 7 février 1933 et mort le 26 avril 2005 à Paris, est un écrivain et philosophe français, connu aussi bien pour ses contributions sur l’histoire des idées, des religions et des comportements, que pour son œuvre sur la Franc-maçonnerie qui en constitue une des principales références. Fidèle à ses idées humanistes, il a toujours rejeté les honneurs et les responsabilités institutionnelles, y compris au sein de la Franc-maçonnerie dont il constitue pourtant un des essayistes les plus prolifiques. Daniel Béresniak nait le 7 février 1933 à Paris d’une famille de juifs russes originaires de Kodhorkov dans l’Oblast de Kiev (ex Empire russe) qui émigrèrent vers la France, comme de nombreuses familles d’intellectuels juifs, poussés par le climat d’insécurité qui s’installa après les événements révolutionnaires qui eurent lieu dans l’Empire russe en 1905, notamment les pogroms antisémites. (fr.wikipedia.org)

Juifs et Francs-maçons :
Les Bâtisseurs de temples

juifs-et-francs-macons-les-batisseurs-de-temples « La franc-maçonnerie a contribué efficacement à l’émancipation des Juifs et à l’avènement d’une société plus éclairée et plus ouverte. Malgré cela, les relations entre juifs et francs-maçons n’ont pas été et ne sont toujours pas sereines.En fait, ils ne sont parfaitement réunis que dans l’imaginaire de leurs ennemis communs.La rencontre des juifs et des francs-maçons illustre une vérité historique : les progrès d’ordres spirituel, intellectuel, moral et matériel se réalisent lorsque les hommes sont bienveillants à l’égard de ce qui est autre. Poser les questions, et non imposer les réponses, est la pierre angulaire de cette dynamique, qui est indispensable pour dissoudre la pensée totalitaire et tous les dogmatismes.En étudiant les relations entre juifs et franc-maçons, et en analysant leurs points communs comme leurs divergences, Daniel Béresniak ne cesse de rappeler une vérité première : il est mauvais de penser seul. La pluralité du sens est substantielle à la qualité du sens. »

  • ISBN: 2268029484
  • Date de sortie: 15 Mai 1998
  • Auteur: Daniel Béresniak
  • Éditeur: Editions du Rocher

(Source : frlivre.site)


 

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