L’affaire des fiches en 1904, l’un des plus grands scandales maçonniques du XXème siècle

En 1904 éclate « l’affaire des fiches » : le Grand Orient de France aide le gouvernement à classer les officiers de l’armée en fonction de leurs opinions politiques et religieuses.

le-geste-de-syvetonLe 4 novembre 1904, le général André, Ministre de la Guerre dans le Gouvernement d’Émile Combes, est giflé à la Chambre par le député nationaliste du IIIème arrondissement de Paris, Gabriel Syveton. Cet incident survient à la suite de la publication  par la presse « de droite » de l’ »affaire des fiches »:  le général André avait fait rédiger des fiches de renseignements sur les opinions religieuses des officiers de l’armée dans le but d’empêcher les officiers catholiques et conservateurs de progresser. L’incident porte à son paroxysme le conflit entre le Gouvernement républicain en place depuis les élections de 1902 et l’Église.

Résumés (texte, vidéos), livres et PDF

Franc-maçonnerie – L’Affaire des fiches (1904)

Extrait du documentaire « Les Francs-maçons et le Pouvoir » de Gabriel Le Bomin et Stéphane Khémis

Un résumé de l’affaire des fiches

(source revue)

1) La trahison de Bidegain

bidegain« Il convient de rappeler que cette affaire résulta de la trahison d’un homme, Jean-Baptiste Bidegain, à l’époque secrétaire-adjoint du Grand Orient de France. On a pu croire que cette trahison avait été essentiellement motivée par des raisons financières. Il est vrai que Bidegain avait vendu une série de documents ou de copies de documents, dérobés aux archives du Grand Orient, à la Ligue de la Patrie Française, présidée par le député nationaliste Gabriel Syveton, pour la somme de 40 000 francs (soit environ 100 000 € actuels). Cependant, cette somme apparaissait surtout dans l’esprit de Bidegain comme un dédommagement car celui-ci savait qu’il perdrait immédiatement son emploi au Grand Orient une fois son indiscrétion révélée. Elle avait été donc calculée et négociée comme telle. Mais la trahison du secrétaire adjoint du Grand Orient reposait aussi sur d’autres considérations infiniment plus futiles que le désir d’obtenir un dédommagement financier. C’est ce que Bidegain, fort ingénument d’ailleurs, confia lui-même au quotidien antisémite La Libre Parole en janvier 1905. Il y expliqua que Narcisse-Amédée Vadecard, secrétaire général du Grand Orient, avait l’intention de quitter ses fonctions dans le courant de l’année 1901. Il convoitait la place laissée vacante qu’il estimait lui revenir de droit, mais le Conseil de l’Ordre lui préféra le commandant Nicolas Pasquier. Il en éprouva donc le plus vif ressentiment et décida alors de livrer des documents aux ennemis de la maçonnerie (cf. L’Humanité, 21 janvier 1905).

Affaire_des_fichesParmi ces documents, il y avait de la correspondance ordinaire adressée aux loges et des documents administratifs internes à l’obédience. Il y avait aussi des fiches de renseignements que le général Louis André, alors ministre de la Guerre, avait fait demander au Grand Orient par l’intermédiaire du capitaine Henri Mollin, en vue d’une épuration de l’armée de ses éléments les plus cléricaux. En effet, l’état major des armées françaises, au début du vingtième siècle, était une pépinière d’officiers à particule, monarchistes et catholiques qui phagocytaient tous les postes de commandement. Il faut se rappeler aussi que l’affaire Dreyfus n’était pas achevée et que l’armée avait mis tout son poids pour empêcher la révision du procès de Rennes et la réhabilitation du jeune capitaine français de confession juive. La Grande Muette représentait clairement un danger potentiel pour la démocratie et les libertés publiques. Il fallait donc s’assurer de la loyauté de ses chefs et favoriser l’avancement des militaires républicains bloqué par les commissions de classement aux mains des officiers cléricaux.

2) Le rôle du Grand Orient

grand orient de francePourquoi le général Louis André a-t-il fait appel au Grand Orient pour cette opération de fichage alors qu’il n’était pas franc-maçon ? Parce que la principale obédience maçonnique française soutenait ouvertement le régime et possédait un réseau de loges étoffé couvrant la quasi-totalité du territoire national. Le général André pensait que les francs-maçons demeurant dans les villes de garnison étaient en capacité de faire remonter des informations utiles au gouvernement. Ce vieil officier à la brillante carrière connaissait parfaitement le milieu militaire. Il connaissait les jugements de valeur expéditifs des autres officiers sur le désordre, la République, les pauvres (graines de socialiste), les juifs, les francs-maçons, les protestants, les athées, les positivistes, les libres-penseurs, etc.

grand orient casserole pieuvreLe général André n’était pas un idéologue (son épouse était catholique pratiquante et ses enfants avaient été élevés religieusement). C’était un homme libre qui n’hésitait pas à accepter des promotions d’officiers malgré les préventions du Grand Orient de France s’il estimait que cela allait dans l’intérêt du pays et d’une meilleure organisation de l’armée. C’était aussi un homme pragmatique et lucide. Il craignait un coup d’Etat de l’armée et le renversement de la République. Cette crainte n’était pas une vue de l’esprit. Elle reposait sur le précédent de février 1899. Les partisans du général Boulanger, réunis dans une coalition hétéroclite (Paul Déroulède, Jules Guérin et d’autres), n’avaient-ils pas tenté de marcher sur l’Elysée en espérant que l’armée sorte de ses casernes ? Le fichage des cadres de l’armée lui était donc apparu comme un mal nécessaire. Il faut noter d’ailleurs que le fichage était couramment pratiqué par les « ennemis de la République ».

L’abbé Henry-Joseph Tourmentin, l’abbé Ernest Jouin, l’abbé Gabriel de Bessonies dit Gabriel Soulacroix et Monseigneur Armand-Joseph Fava, Paul Copin-Albancelli, Abel Clarin de La Rive, etc., publiaient régulièrement des listes de francs-maçons et animaient des mouvements antimaçonniques très actifs. Il existait à l’époque une presse spécifiquement antimaçonnique (cf. l’encart ci-dessous).

 

Principaux journaux antimaçonniques de La Belle Epoque

  • LA FRANCE CHRÉTIENNE ANTIMAÇONNIQUE. Cette revue hebdomadaire est devenue un tout petit peu plus tard LA FRANCE ANTIMAÇONNIQUE. Elle était dirigée par Clarin de la Rive.
  • A BAS LES TYRANS, hebdomadaire créé en avril 1900 et dirigé par Paul Copin-Albancelli (un ancien maçon) et Louis Dasté. Cet organe change son nom en 1901. Il devient LA BASTILLE.
  • LA FRANC-MAÇONNERIE DÉMASQUÉE, mensuel dirigé par Gabriel Soulacroix, pseudonyme de l’abbé de Bessonies.
  • LE BULLETIN DU COMITE ANTIMAÇONNIQUE DE PARIS, bi-mensuel édité à partir de 1902 par l’abbé Tourmentin.

Les principales organisations antimaçonniques de La Belle Epoque

  • LE COMITÉ ANTIMAÇONNIQUE DE PARIS, créé en 1897 avec pour animateur l’abbé Tourmentin.
  • LE CONSEIL ANTIMAÇONNIQUE DE FRANCE, dirigé par Abel Clarin de La Rive.
  • LE GROUPE DES AMIS DE « A BAS LES TYRANS », dirigé évidemment par Paul Copin-Albancelli. Ce groupe s’est transformé à partir de 1901 en UNION FRANÇAISE ANTIMAÇONNIQUE.

 

3) Les dessous du scandale

C’est lors de la séance du 28 octobre 1904 que l’affaire des fiches éclata à la Chambre des députés à l’initiative du député nationaliste et catholique Jean Guyot de Villeneuve. Cette séance fut d’une extraordinaire violence. A la fin des débats, le général André, ministre de la guerre, fut apostrophé et giflé par le député nationaliste Gabriel Syveton !

Pourtant, il semble que les réactionnaires n’avaient pas prévu de faire éclater le scandale à ce moment là et qu’ils auraient préféré divulguer l’affaire des fiches lors des législatives de 1906 en vue de modifier profondément la majorité parlementaire, puis de renverser la troisième République.

Un argument frappant (Syveton giflant le général An dré) Carte postale - Musée de la Franc-Maçonnerie (Coll. GODF)
Un argument frappant (Syveton giflant le général André). Carte postale – Musée de la Franc-Maçonnerie (Coll. GODF)

Jean-Baptiste Bidegain est revenu sur l’affaire dont il a été à l’origine dans un article consacré à l’un des intermédiaires, l’abbé Gabriel de Bessonies décédé en 1913 (cf. Revue Internationale des Sociétés Secrètes, 5 décembre 1913, pp. 4631 et suivantes) :

[Les documents transmis] devaient servir exclusivement pour les élections générales [de 1906], afin de mettre en accusation devant le suffrage universel le régime maçonnique tout entier, et non contre tel ou tel ministère. La divulgation du dossier ne devait avoir lieu que peu de temps avant la séparation des Chambres qui précéderait les élections, afin de ne point laisser au gouvernement le loisir de remédier aux conséquences de ces révélations.

Et de poursuivre :

Chute du ministère Combes suite à l'affaire des Fiches
Chute du ministère Combes suite à l’affaire des Fiches

Travailler en 1904 à la chute du ministère Combes, était une besogne vaine. Le bloc se reforma sous un autre chef et le départ d’André fut, en somme, un incident sans grande importance. Dans une république où la maçonnerie est maîtresse de la majorité parlementaire, les ministres peuvent se succéder sans que cela ait une influence quelconque sur la marche des affaires, leur œuvre n’est pas le résultat de leur volonté personnelle, mais leur est imposée par la secte dont ils sont les serviteurs, parfois les esclaves. La seule œuvre utile à entreprendre était la modification de la majorité de la Chambre, et, par conséquent, une campagne électorale exclusivement anti-maçonnique,dirigée contre l’œuvre tout entière de la IIIe République. Le succès, et même un demi-succès, aurait permis de tenter ensuite, avec le concours de l’armée, certaines opérations de salubrité publique.

Le coup de force contre les institutions républicaines était donc clairement envisagé après les législatives de 1906. C’est en tout l’affirmation de Bidegain qui, sans doute, voulait se donner un rôle plus important que celui qu’il avait eu en réalité.

combes fichesQuelles furent les circonstances imprévues qui justifièrent le bouleversement de calendrier ? Bidegain n’en dit mot. On en est réduit à formuler des hypothèses. La plus plausible repose sur des divergences de stratégie. Les éléments du scandale circulaient parmi les parlementaires de droite. Guyot de Villeneuve, qui les avaient eus entre les mains car il avait été aussi un bailleur de fonds de Bidegain,  était pressé de renverser le ministère Combes. L’homme était d’un caractère impulsif comme beaucoup d’extrémistes. Il avait aussi un compte personnel à régler. En effet, il avait démissionné de l’armée en décembre 1901, emporté par les soubresauts de l’affaire Dreyfus et la disgrâce de ses supérieurs hiérarchiques. Ce parcours personnel a probablement pesé dans la décision de Guyot de Villeneuve d’attaquer le gouvernement sans attendre les élections législatives de 1906. Une chose est sûre en tout cas, c’est la volonté assumée de renverser la République. Alors certes, il n’y eut pas le renversement escompté du régime mais le ministère Combes n’y résista pas.

L’affaire fit donc scandale. Et c’est toujours ainsi qu’elle est perçue cent onze ans après. Pourtant, l’ampleur de ce scandale doit aussi beaucoup au manque d’énergie du Grand Orient et du ministre de la Guerre à se défendre face aux attaques de la droite parlementaire. Roger Mennevée notait à juste raison (cf. Les Documents politiques, diplomatiques et financiers, juin 1927, p. 224) :

Au lieu de nier les faits ou de les excuser tant bien que mal, il fallait en revendiquer fièrement la plus entière responsabilité, devant la nécessité de donner à l’armée française un corps d’officiers républicains, au lieu de la camarilla réactionnaire prête au coup d’Etat qu’elle comportait alors.


4) Les effets du scandale

le petit journal mort de syvetonL’affaire des fiches n’eut pas les effets politiques escomptés. Le bouillonnant Gabriel Syveton se suicida par asphyxie le 8 décembre 1904, la veille de sa comparution devant la Cour d’assises de la Seine pour la voie de fait commise avec préméditation sur la personne du général André (cf. Gabriel Terrail dit Mermeix, La mort de Syveton, Fayard, Paris, 1925, passim).

On a beaucoup brodé sur les circonstances précises de ce décès aussi brutal que prématuré. Bien évidemment les paranoïaques du combat antimaçonnique n’ont pas manqué d’y voir un assassinat commandité par le Grand Orient. La réalité semble plus triviale. En effet, le député nationaliste Syveton était soupçonné d’avoir détourné de l’argent de la Ligue de la Patrie Française qu’il présidait. Il était également impliqué dans une affaire de moeurs avec Marguerite, sa belle-fille, et Anna, sa bonne. Il craignait que le procès d’assises ne révèle au grand jour ses turpitudes et ne le discrédite complètement.

L’affaire des fiches n’empêcha pas non plus les parlementaires de discuter et de voter la loi de séparation caricature fichesde l’église et de l’Etat le 9 décembre 1905. Elle n’a pas davantage empêché la gauche de largement emporter les élections de mai 1906.

Quant au député Guyot de Villeneuve, celui ne retira aucun avantage politique de l’affaire puisqu’il perdit son siège de député ! Il mourut en 1909 des suites d’un accident de voiture.

L’affaire des fiches n’eut aucune incidence sur la réhabilitation du capitaine Alfred Dreyfus obtenue auprès de la Cour de cassation en juillet 1906. Les antisémites, les antimaçons et les obsessionnels du complot furent contraints de revoir leurs plans en se rabattant sur leurs librairies, leurs maisons d’édition et leurs ouvrages délirants.

Quant au traitre Bidegain – l’homme qui rendit le scandale possible – il connut une destin tragique. Le malheureux fut rapidement livré à lui-même, détesté par les républicains et les francs-maçons et méprisé par la droite et le clergé. On le crut mort au Caire en décembre 1904. En réalité, l’homme survécut à l’affaire grâce à ses maigres talents de plume. Après la première guerre mondiale, il tenta de percer à nouveau dans le journalisme mais il trouva porte close. Il décida donc de se faire oublier et ouvrit, sous le nom de sa première femme, une affaire de papeterie à Neuilly-sur-Seine, boulevard Bineau. Après de vains appels au secours, plongé dans une misère extrême, il se suicida au cyanure avec Philomène Arnaud, sa seconde épouse. On retrouva leurs cadavres le 8 décembre 1926.

Personnellement, je ne crois pas du tout à la thèse de Mennevée qui fit de Bidegain une sorte d’espion dormant, entré en maçonnerie dans les années 1890 dans le seul et unique objectif de lui nuire et de reverser la République. Je crois que la vérité doit être recherchée dans la médiocrité et l’insignifiance d’un homme dépourvu de convictions et qui a tout simplement voulu se venger parce qu’il n’avait pas obtenu la place espérée.

grelotCependant si l’affaire des fiches n’a pas eu d’effets politiques immédiats, elle a néanmoins durablement marqué les esprits au point d’avoir été à la maçonnerie française ce que l’affaire de la loge P2 a été à la maçonnerie italienne. Elle a sans doute conforté à la fois le ressentiment des adversaires de la République et leur volonté d’en découdre. Elle explique aussi pour beaucoup la haine que Philippe Pétain vouait à la franc-maçonnerie qu’il rendait responsable d’entraves à sa carrière militaire.

Enfin, maçonniquement parlant, l’affaire des fiches a été le point culminant de l’engagement du Grand Orient dans la vie politique du pays. Le scandale retentissant qu’elle provoqua incita le Conseil de l’Ordre à davantage se recentrer sur les préoccupations initiatiques et symboliques spécifiques à la démarche maçonnique.

Source (revue) : 357.hautetfort.com/antimaconnisme/

les-joyeux-francsmacons

L’affaire racontée en vidéo :



L´affaire des fiches
Un scandale maçonnique

De Jean BIDEGAIN (1905)

affaire-des-fiches-un-scandale-maconniqueCe livre déplaira probablement aux nostalgiques de l’anticléricalisme et de l’antimilitarisme. Le système des fiches, qu’il dénonce, fut mis en place dans ce climat passionnel, au cours des années 1900. Il entraîna une épuration systématique de l’armée. Et la promotion des amis du pouvoir, à tous les niveaux de la hiérarchie, développera ses conséquences dramatiques en 1914.

En 1902 la victoire du Bloc des gauches va permettre l’exercice frénétique du pouvoir par les radicaux-socialistes. Depuis juin 1902, Emile Combes, président du Conseil, a annoncé, et il pratiquera, « une politique énergique de laïcité » : fermeture de plus de 2700 écoles, refus de tout statut légal aux ordres religieux, rupture des relations diplomatiques avec le Vatican, commission préparant la loi de séparation, retrait des crucifix des tribunaux. Durant la période, plus de 50000 religieux ont dû quitter la France. Dans ce contexte, le fichage des officiers suspects de catholicisme est présenté comme une mesure de sauvegarde républicaine.

Octobre 1904, le scandale éclate en plein parlement. L’opposition peut alors révéler les conditions de cette surveillance. Le général André, ministre de la Guerre, l’avait confiée aux loges formellement maçonniques du grand orient de France. Certes, en novembre, le ministre démissionne. En janvier 1905, « le petit père Combes » est remplacé. Mais aucune poursuite n’interviendra jamais. Et, discrètement, les pratiques sectaires continuèrent.

Ce volume rassemble deux textes. Le premier, « la franc-maçonnerie et l’armée« , servira d’introduction. Il s’agit d’une brochure publiée en 1905. Elle présentait, sur cette affaire, le point de vue des victimes de la persécution. Le second, que l’auteur avait intitulé à la même époque, « le grand orient de France ses doctrines et ses actes » émane de Jean Bidegain.
Ancien collaborateur du grand orient, Jean Bidegain en révèle les agissements liberticides. Il a transmis les fiches, et rompu avec la franc-maçonnerie, écoeuré par ses pratiques. Il en dresse un tableau édifiant.
[Achat]




Le grand Orient de France

Ses doctrines et ses actes

De Jean BIDEGAIN (1905)

grand-orient-de-france-bidegainLe Grand-Orient de France trahit la Franc-Maçonnerie qu’il a complètement détournée de son but et dont il a fait un groupement exclusivement politique et une officine louche de renseignements secrets et diffamatoires.

A lire et télécharger gratuitement sur Le Grand Orient de France Ses doctrines et ses actes, de Jean Bidegain


Scandale au Grand Orient

de Emmanuel Thiébot (Larousse, 2008)

scandale au grand orientLe 28 octobre 1904, un terrible scandale éclate à la Chambre des députés.  » Lorsque le général André est arrivé au ministère de la Guerre, il avait un plan à exécuter. Il voulait épurer l’armée, car il ne veut que des officiers républicains « , déclare le député nationaliste Jean Guyot de Villeneuve. Pour mettre en place un système de délation des opinions politiques et religieuses des officiers, explique-t-il, le gouvernement a conclu un pacte secret avec la principale obédience maçonnique : le Grand Orient de France. Près de 20 000 fiches ont été rédigées entre 1901 et 1904. Elles ont servi à bloquer l’avancement des individus considérés comme  » catholiques  » ou  » conservateurs « , avant qu’un homme, écœuré, ne fasse exploser le système en révélant leur existence… A travers les archives de la franc-maçonnerie et les comptes rendus des débats à la Chambre des députés, Emmanuel Thiébot relate ce scandale majeur de la IIIe République.


Connexe :

 

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