Coup d’œil sur la Grande Loge Nationale française

Article de la revue Lectures Françaises n° 560 et 561
(
12/2003 – 01/2004)

glnf-gd-tplSommaire

  • Maçonneries « régulières » et « irrégulières »
  • Les rivalités n’empêchent pas l’union
  • Une Maçonnerie internationale
  • Ex Oriente Lux
  • Les loges parisiennes
  • Les rites maçonniques
  • La loge Jean Baylot
  • Les loges provinciales
  • Les frères de la côte
  • Personnalités maçonniques de GLNF
  • Les scandales de la GLNF
  • Les maçons s’intéressent aux HLM
  • L’affaire Schuller-Maréchal
  • Une obédience en crise ?

Retouches, liens et illustations par F∴M∴ Exposée.


Maçonneries « régulières » et « irrégulières »

Des lecteurs anonymes (que nous remercions ici au passage) nous font parvenir de temps à autre des lots de documents émanant de la Grande Loge Nationale Française (GLNF) [1]. On y trouve un certains nombre de renseignements intéressants sur cette obédience que la Grande Loge unie d’Angleterre (« Grande Loge Mère de tous les maçons »), et, à sa suite, toutes les maçonneries reconnues par cette dernière, considèrent comme la seule « régulière » en France. Fondée en 1913, sous le nom de Grande Loge Indépendante et Régulière pour la France et les Colonies Françaises [2], elle est officiellement déiste, et reconnaît le G.A.D.L.U. [3]. Elle compterait, en Bretagne par exemple, bon nombre d’ecclésiastiques, ce qui n’a rien d’étonnant car, depuis le concile Vatican II, l’enseignement de la hiérarchie est beaucoup plus proche de l’humanitarisme maçonnique que de la doctrine catholique traditionnelle [4]. Mais la GLNF séduit également dans les milieux catholiques dits de tradition, en profitant du déplorable engouement qui y règne pour René Guénon, franc-maçon et apostat converti à l’islam dont l’œuvre constitue une remarquable préparation à l’initiation maçonnique. La GLNF est très influente dans les milieux de la droite nationale française où elle recrute aussi bien chez les ésotériques soi-disant chrétiens que chez les néo païens [5].

Cette situation n’avait pas échappé à l’observateur perspicace qu’était Pierre Debray [6] ; il lui avait consacré, peu de temps avant sa disparition, le dernier numéro de son Courrier Hebdomadaire intitulé ainsi : «  La Maçonnerie la plus dangereuse n’est pas celle que l’on croit » C’était à propos de la GLNF, dont il écrivait qu’elle « représente sans doute un danger plus redoutable que le Grand Orient ».

« Proche de la droite, expliquait-il, très présente au RPR et à I’UDF mais aussi au Front National, on la découvre même dans tous les mouvements traditionalistes. Rejetant tout anticléricalisme, ses membres défendent, en effet, la messe en latin, le rite de Saint Pie V […] D’ailleurs ils sont résolument anti-modernes. Ils peuvent donc se présenter en alliés des catholiques traditionalistes et, politiquement, de la droite, au point de ne voir aucun inconvénient à adhérer à l’Action Française […] La maçonnerie régulière parce qu’elle est une gnose monopoliste, qui se prétend fidèle à la Tradition et qui combat toutes les formes de modernisme […] peut aisément donner le change, d’autant que sa filiation lointaine avec les chrétiens naïfs de la Renaissance, qui croyaient pouvoir mettre le mono-théisme païen au service de l’Église [l’a enveloppée] d’un vernis chrétien. On comprend pourquoi elle s’infiltre si facilement dans nos rangs, d’autant que le Renouveau Charismatique est particulièrement vulnérable, mais aussi ces jeunes catholiques, fervents, pieux encore que sans formation.

« C’est pourquoi,concluait-il, il m’a semblé important d’étudier cette savonnerie régulière car elle constitue le pire danger : la paganisation de chrétiens qui ne se méfient pas de ces dangereux alliés, qui, insidieusement, les pervertissent » [7].

Les rivalités n’empêchent pas l’union

Logo_GLNFLes liens de la GLNF avec le monde anglo-saxon ont toujours été si étroits que les F.F. des obédiences rivales disaient, il y a une quarantaine d’années, qu’elle n’était ni grande, ni nationale, ni française [8] ! Pour renforcer ces liens, et faire échec aux obédiences « irrégulières » (comme la Grande Loge de France qui a récemment essayé de se faire reconnaître par la Grande Loge du Minnesota), elle vient de créer une association intitulée France-USA Masonic Association, dirigée par l’un de ses grands officiers, le F. Dominique Madej, qui est par ailleurs membre de l’Ordre Darwiniste initiatique [9].

Toutefois les rivalités inter-obédientielles et les mauvaises relations intra-maçonniques ne doivent pas faire illusion : ces querelles sont souvent dues à des rivalités de personnes ou à des histoires de « gros sous », d’avantage qu’à un désaccord sur les principes ; désaccord qui est plus apparent que réel car, comme aiment à le dire les Frères Trois Points : « l’ordre (maçonnique) est un malgré la diversité des obédiences » et « la Maçonnerie doit demeurer le Centre de l’Union ». Les Frères savent toujours se serrer les coudes quand « il pleut sur le temple », c’est-à-dire quand la maçonnerie est en danger.

C’est ainsi que, d’après notre confrère Emmanuel Ratier, « les relations, longtemps coupées, ont été renouées entre la GLNF et le Grand Orient de France : les deux grands maîtres, Jean-Charles Foellner (GLNF, accompagné de son prédécesseur, Claude Charbonniaud) et Alain Bauer (GODF) se sont rencontrés le 29 novembre (2001) afin de « rétablir un dialogue dont l’absence a été source de malentendu et de polémiques » [10]. «  Ils ont choisi librement de rétablir des relations fraternelles qui avaient existé près d’un siècle et qui doivent rester fondées sur le respect mutuel et une coopération nécessaire lorsque l’intérêt général de la franc-maçonnerie est en cause » [11]. De plus les deux obédiences ont décidé que « le GODF et la GLNF reconnaissent la qualité de l’initiation prodiguée par chacune à leurs Frères. En conséquence, il n’est pas procédé à une nouvelle initiation en cas de changement de parcours maçonnique » [12]. Il est probable que ce rapprochement est dû à l’inquiétude éprouvée par ces obédiences devant les multiples affaires de corruption où la maçonnerie est mise en cause.

De toutes façons, les initiés des diverses obédiences, « régulières » ou non, se retrouvent ordinairement au sein des « fraternelles » et des clubs maçonniques, plus actifs et plus influents dans le monde « profane » que les loges elles-mêmes.

Une Maçonnerie internationale

La GLNF a une importante activité internationale du fait de sa reconnaissance par toutes les maçonneries étrangères liées à la Grande Loge unie d’Angleterre – notamment les 49 Grandes Loges des Etats-Unis – et du prestige qui s’attache à cette situation. Très présente en Afrique depuis une vingtaine d’années (alors qu’auparavant le Grand Orient de France y était en position dominante), la GLNF a initié à la maçonnerie une multitude de hauts fonctionnaires [13], de chefs d’états et de dirigeants de l’Organisation de l’Unité Africaine, et elle a instauré plusieurs grandes loges. C’est le cas, à Madagascar, de la Grande Loge Nationale Malgache, comme, à Ouagadougou, de la Grande Loge indépendante du Burkina Faso, ou à Brazzaville, de la Grande Loge du Congo [14] au Gabon, dont le président, Omar Bongo, est un de ses affiliés [15], la GLNF posséda longtemps une Grande Loge de district [16] qui est devenue, en 1983, Grande Loge du Gabon, de même qu’à Dakar [17] l’ex-Grande Loge de district s’est transformée en Grande Loge indépendante du Sénégal ; à Brazzaville, le président Denis Sassou-Nguesso [18], initié de la GLNF, est aujourd’hui Grand Maître de la Grande Loge du Congo et son intronisation s’est faite en présence d’une délégation de la GLNF [19] ; au Niger, c’est le Premier ministre, Hama Amadou, qui fait partie des adeptes [20], tout comme les présidents ldriss Deby au Tchad, Paul Biya au Cameroun et Blaise Compaoré au Burkina Faso [21]. En Côte d’Ivoire, les deux rivaux dans la guerre civile qui déchire le pays étaient maçons : le président Laurent Gbagbo est un initié du Grand Orient et son rival aujourd’hui décédé, le général Robert Gueï, appartenait à la GLNF [22].

La GLNF entretient aussi des relations étroites avec l’Espagne où elle avait implanté, à l’époque franquiste   [23], un district qui devint, en 1982, Grande Loge d’Espagne [24].

Ex Oriente Lux

Voir note [25]

« La lumière vient de l'Orient »
« La lumière vient de l’Orient »

Dans les pays de l’ancien bloc soviétique, les diverses obédiences maçonniques françaises et européennes (surtout allemandes) ont commencé à reconstituer la franc-maçonnerie dès l’arrivée au pouvoir de Gorbatchev. En Hongrie (où la maçonnerie avait continué à fonctionner discrètement sous le régime communiste) [26], ce fut la Grande Loge Nationale d’Autriche qui s’installa la première en 1987 ; mais, dès le 27 décembre 1989, le Grand Maître de la GLNF, qui était alors André Roux, établissait à Budapest une Grande Loge de Hongrie. A Prague, c’est le 17 novembre 1990 que la Grande Loge Nationale de Tchécoslovaquie a été reconstituée sous les auspices de la Grande Loge unie d’Allemagne, de la Grande Loge suisse Alpina et de la GLNF. A peu près à la même époque, une Grande Loge de Pologne fut reconstituée à Varsovie sous les auspices de la loge Copernic qui dépendait de la GLNF. En Russie, une loge intitulée Harmonie fut installée le 14 janvier 1992 par la loge Astrée, une loge russe de la GLNF fonctionnant en France, et une Grande Loge fut constituée ultérieurement ; aujourd’hui la GLNF compte plusieurs loges à Moscou. En Ukraine, l’obédience a établi un district dont le Grand Maître provincial est Alex Kryvenko. En Roumanie, la reprise maçonnique fut tardive, du fait de l’opposition du Suprême Conseil et de la Grande Loge de Roumanie en exil [27], et fut surtout l’œuvre de la Grande Loge unie d’Allemagne et du Grand Orient d’Italie. Pourtant la GLNF disposait de trois loges d’exilés roumains fonctionnant en France (Etoile du Danube, Pax in Deo et Roumanie libre) [28], ce qui lui permit ultérieurement de mettre en place plusieurs ateliers auxquels appartiennent aujourd’hui une bonne partie des dirigeants du pays [29].

Les loges parisiennes

Le nombre de francs-maçons adhérents de la GLNF serait cette année de 31 183 30 (iI aurait été de 27 000 en l’an 2000, ce qui dénoterait une progression rapide) [31]. Le Grand Maître est Jean-Charles Foellner [32] qui a succédé à Claude Charbonniaud le 1er décembre 2001. Le siège social de l’obédience est situé 65 boulevard Bineau à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-seine) et le « Grand Temple » est 12, rue Christine de Pisan à Paris, 17ème [33]. Le budget annuel de la GLNF s’élevait à 69 682 000 F en 2001/2002. En l’année 2000, le nombre total des loges de l’obédience s’élevait à 1250, réparties en 23 Grandes Loges Provinciales.

La ville de Paris est divisée en deux secteurs : Paris (Grand Maître Provincial : Marc Sulitzer) et Paris Grande-Arche (Grand Maître : Jean- Pierre Rollet). Le reste de la Région parisienne forme la province de Lutèce, sauf le département des Hauts-de-seine, qui constitue une province séparée dite Neuilly-Bineau (dont le Grand Maltre est Jean-Paul Dupinay, dirigeant de CAMIF-collectivités) [34]. Il existe également une province de la Grande Couronne dont le Grand Maître est Jacques Perret. La province de Lutèce compte actuellement 63 loges et 2034 « frères » ; le Grand Maître Provincial en est Serge Toffaloni. 121 nouveaux maçons y ont été initiés en un an ; 22 loges travaillent au « Rite Ecossais Ancien et Accepté » (REAA) [35] et 22 au « Rite Emulation », 14 au « Rite Ecossais Rectifié » (RER), 4 au « Rite Français » et une au « Rite d’York » [36] ; la province compte plusieurs loges anglophones qui se réunissent quatre fois par an : loges Saint-Georges, Britannic, Fidelity, Georgian, Phoenix, Anglo-saxon…

Les rites maçonniques

Voir note [37]

Degres-maconniques-york-ecossais
Degrés du Rite d’York et du Rite Ecossais

Le Rite Ecossais Ancien et Accepté comprend 33 degrés ; ses constitutions furent rédigées en 1786 ; dans chaque pays les loges du rite sont dirigées par un Suprême Conseil constitué de membres cooptés (33 au maximum) ; le premier Suprême Conseil fut créé aux USA, à Charleston, en 1801, par un officier d’intendance John Mitchell et un médecin d’origine judéo-allemande Frederick Dalcho ; le second fut créé en France en 1804 par le marquis de Grasse-Tilly. Ce rite est pratiqué partout, en particulier aux USA.

Le Rite Emulation, d’inspiration britannique est celui qui est le plus pratiqué par la Grande Loge unie d’Angleterre ; son nom vient d’une loge anglaise d’instruction réservée aux maîtres maçons, nommée Emulation Lodge of Improvement et fondée en 1823. Le rite fut introduit en France en 1925. Il comprend les trois grades dits « bleus » (apprenti, compagnons, maître) et un grade supérieur complémentaire, le « Royal Arch » pratiqué dans des « chapitres ».

Le Rite Ecossais Rectifié est d’origine occultiste et théosophique : il est issu de la Stricte Observance Templiers, société maçonnique créée en Allemagne au milieu du XVIIIème siècle par le baron de Hund, et de l’ordre maçonnique des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, créé à Lyon en 1778 par Willermoz ; à cela s’ajoutent des influences très nettes de l’Ordre des Elus Coens fondé par Marinez de Pasqually. Pratiquement disparu en France après la chute de l’Empire, le rite se maintint en Suisse et fut réintroduit en France au XXème siècle par Edouard de Ribaucourt et Camille Savoire. Ce rite constitue certainement la plus dangereuse contrefaçon maçonnique du christianisme. A l’étranger, il est pratiqué en Suisse, en Allemagne et en Scandinavie ; les pays anglo-saxons l’ignorent. Le rite comprend trois grades supérieurs : Maître écossais de Saint André, Ecuyer novice, Chevalier bienfaisant de la Cité Sainte.

Le Rite Français est dérivé des anciens rites écossais et fut organisé en France au XVIIIème siècle ; il comportait les trois premiers grades dits « bleus » (apprenti, compagnon, maître) et seulement quatre grades supérieurs (élu secret, Grand Elu écossais, Chevalier d’Orient et Souverain Prince Rose-croix) ; il a depuis subi de nombreuses adaptations et transformations selon les époques et les obédiences.

Le Rite d’York, dit aussi Rite Américain, est surtout répandu aux USA ; comme on y accède après la « Maçonnerie bleue », il est réservé aux grades supérieurs. Il existe quatre grades dits de Royal Arch, puis trois grades dits « cryptiques » et enfin quatre grades dits « templiers » ou « chevaleresques ».

La loge Jean Baylot

jean-baylotUne loge parisienne « mise en sommeil » (ayant interrompu ses activités) va être réveillée cet automne : il s’agit de la loge Jean Baylot, qui sera une loge de recherche maçonnologique provinciale liée a la loge nationale de recherche Villard de Honnecourt [38]. Jean Baylot (1897-1976), d’abord petit fonctionnaire de la Poste, fut initié au Grand Orient dans les années 1920 et fit ensuite une brillante carrière administrative, d’abord à la Poste, puis dans le corps préfectoral où il fut intégré en 1944 par le gouvernement gaulliste. Le F∴ Paul Ramadier en fit, en 1947, un secrétaire général à la Présidence du Conseil ; Baylot devint ensuite préfet de police de Paris en 1951, puis fut placé « hors cadre », en 1954, après l’affaire des fuites, en raison de sa participation à un réseau anticommuniste [39]. Rallié à De Gaulle en 1958, il fut alors élu député de la Seine avec l’investiture des Indépendants et de la Démocratie chrétienne (sic). Ce fut la même année qu’il quitta le Grand Orient pour la GLNF où il fonda en 1966 la loge de recherche n° 81 « Villard de Honnecourt » [40]. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages d’histoire de la maçonnerie, consacrés à la défense de la maçonnerie dite « régulière » et il avait participé au n° 15 de la revue Le Nouveau Planète, d’avril 1970, consacré à René Guénon. Il était le beau-père du F∴ Claude Charbonniaud, qui fut préfet, président de la Chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d’Azur, Grand-Maître de la GLNF et en est aujourd’hui Grand-Maître honoraire.

Les loges provinciales

En Bretagne, une Grande Loge Provinciale a été créée en 1980 avec autorité sur les départements bretons, ainsi que sur le Maine-et-Loire, la Mayenne et la Sarthe ; en 2000, elle comptait huit-cents frères et 44 loges situées à Nantes, Rennes, Angers, Le Mans, Brest, Lorient, Vannes et Saint-Brieuc [41], ainsi qu’à Roscoff, Laval, La Flèche, Quimper, Châteaubriant, Saint-Nazaire, Saumur, Carhaix, Lannion-Tréguier, Sablé, La Ferté-Bernard, Guérande, Cholet, Carnac, et Saint-Cast-Le-Guildo. Actuellement le Grand Maître provincial est Pierre Castandet. Normandie, Picardie et Nord-Pas-de-Calais constituent les provinces du Rouvray, de Neustrie et des Flandres dont les Grands Maîtres provinciaux sont respectivement Jacques Rodier, Jean-Pierre Agostini et Jean-Louis Marteel. La province du Val-de-loire, où les loges sont particulièrement nombreuses, a pour Grand Maître Bruno Chatelain. En Poitou – Charentes, la province d’Aquitaine est dirigée par Michel Hébert. La région bordelaise appartient à la province de Guyenne et Gascogne dont le Grand Maître est Michel Delest ; à Clermont-Ferrand c’est Claude Vazeille pour l’Auvergne ; en Lorraine, c’est Gérard Rodier pour l’Austrasie. La province de Brie-Champagne est dirigée par Marc Dotremont et celle de Bourgogne et Franche-Comté par François De Vries. La région lyonnaise constitue la province de la vallée du Rhône dont le Grand Maître est Georges Pénato et les Alpes du Nord forment la province de Dauphiné-Savoie dont le Grand Maître est Louis Pierre Thorens.

Dans le midi de la France, les loges de l’obédience sont particulièrement nombreuses ; celles de la région Midi-pyrénées dépendent de la Province d’ Occitanie dont la Grande Loge se trouve à Toulouse, 32 et 34 rue Gabriel Péri (Grand Maître provincial : Gérard Ramond) ; celles de la région Languedoc-Roussillon font partie de la Province de Septimanie dont la Grande Loge se trouve à Montpellier, 10, rue Adolphe-Mion (Grand Maître provincial : André Bassou).

Les frères de la côte

Dans le sud-est, la province Alpes-Méditerranée (elle regroupe les Alpes-Maritimes, les Alpes-de-Haute-Provence et la Corse) – qui a été secouée ces dernières années par de multiples scandales, notamment en décembre 2000, lorsque le Grand Maître provincial, Bernard Mérolli, a dû démissionner après avoir été mis en examen par la justice dans le cadre de l’affaire du policier Bartoli [42] -, est actuellement dirigée par un avocat au barreau de Grasse, Me François Stifani. La province de Provence (Var et Bouches-du-Rhône) a pour Grand Maître provincial Marc Rivolet.

La province Alpes-Méditerranée va accueillir les cérémonies du 90ème anniversaire de la GLNF qui se dérouleront à Cannes du 4 au 6 décembre 2003 à l’hôtel Noga Hilton et au Palais des festivals : le 4 décembre à 15 h tenue du District international de l’Arche Royale [43] au Noga Hilton ; le 5 à 11 h Souverain Grand Comité [44] au Noga Hilton ; le même jour et au même endroit dîner-spectacle à 20 h ; le 6 à 10 h tenue du Grand Chapitre de l’Arche Royale au Noga Hilton ; le même jour à 14 h 30 tenue de Grande Loge au Palais des festivals, et le soir à 20 h 30 soirée de gala au même endroit. Les congressistes seront logés dans les hôtels Noya Hilton, Sofitel, Gray d’Albion, Splendid, America et Cannes Riviera. Pres de 5000 frères… sont invités, représentant 1268 loges et une soixantaine de pays étrangers ; on attend plusieurs chefs d’Etats francs-maçons.

Quelques personnalités maçonniques de GLNF

« Le Grand Maître Provincial d’Aquitaine, le T∴ R∴ F∴ Jean Dugeny, a consacré, le dimanche 18 mars, une nouvelle Loge à l’orient de Saint-Maixent-l’Ecole. La cérémonie de consécration de la Massenie du St Graal n° 365, et l’installation du Premier Vénérable Maître élu, le R∴ F∴ Pierre Girard-Augry, s’est déroulée au Temple de Poitiers, en présence de nombreux frères et pas moins de 24 V∴ M∴ et P∴ V∴ M∴ . Le R∴ F∴ Benaroya, Grand Hospitalier de la GLNF représentait le Grand Maître Jean Mons. Dans l’après-midi, les invités ont assisté à la projection du remarquable film « Reims cathédrale du Sacre » de notre Frère Paul Barbanegra et notre F. S.A.R. Henri d’Orléans, comte de Clermont, a répondu aux nombreuses questions posées par un auditoire attentif.» [45]

Le texte cité montre que le F∴ Henri d’Orléans, comte de Clermont à l’époque et actuellement comte de Paris [46] était présent, en tant que maçon, au « temple » de Poitiers pour la cérémonie de consécration de la loge La Massenie du St Graal établie à Saint-Maixent-l’École ; à la même cérémonie assistait un personnage bien connu dans les milieux de l’ésotérisme dit chrétien, le F∴ Paul Barbanegra, qui, en collaboration avec Jean Phaure [47], a réalisé de 1974 à 1981 cinq films sur : Versailles ; le Mont Saint-Michel ; Reims cathédrale du Sacre ; Notre-Dame de Paris, Rosace du Monde et Paris, Arche du Temps.

Le prince Alexandre de Yougoslavie, cousin du duc de Kent [48], a été assistant grand maître de la GLNF, mais il en a démissionné en 1995 [49] à cause des scandales qui secouaient l’obédience.

grmanos-cadmnation-pedophilieLe général d’armée Jeannou Lacaze, ancien du S.D.E.C.E. et ancien chef d’Etat-major des Armées, est membre de l’influente et très secrète loge parisienne de la GLNF La Lyre de Salomon [50]. Autre militaire de haut grade appartenant à l’obédience : le général d’armée Raymond Germanos, ancien inspecteur général des Armées [51].

Pierre Marion, ancien patron du service secret français, le S.D.E.C.E. puis la D.G.S.E., en 1981 et 1982, est franc-maçon depuis 50 ans ; il a on effet été initié en 1953, au GODF où il a été plusieurs fois vénérable de la loge Montaigne ; il a quitté l’obédience au bout de 20 ans, la trouvant trop à gauche ; il a alors rejoint la GLNF où il a été pendant plusieurs années vénérable de la loge Erasme puis « Grand Porte Glaive » ; il s’est éloigné de l’obédience en 1996 « à cause des dérives qu’elle connaissait et qui sont devenues publiques » [52] ; il fréquente aujourd’hui une loge londonienne francophone de la Grande Loge unie d’Angleterre : Entente Cordiale.

René Huyghe, académicien aujourd’hui décédé, spécialiste bien connu en histoire de l’art, aurait appartenu à la GLNF [53], tout comme le commissaire-priseur Jacques Tajan et son confrère Guy Loudmer, ou encore le banquier Jean de Ribes [54]. Le PDG de la Française des Jeux [55], Christophe Blanchard-Dignac est membre de la loge Logos 410 de la GLNF, où on retrouve, entre autres, le F∴ Didier Bariani, président de l’UDF-Paris et le F∴ Claude Avisse, conseiller de Paris, qui était en 1988 président de l’Association Maçonnique inter-obédientielle Le Cercle de Paris [56]. Patrick Le Lay, patron de TF1 est également vénérable de la loge L’Alliance sacrée, de la GLNF [57]. Le célèbre cuisinier Joël Robuchon appartient lui aussi à l’obédience, où il fut vénérable de loge, et ne s’en cache pas [58].

L’ancien ministre et député UDF, Hervé de Charette de La Contrie, député-maire UMP du Maine-et-Loire, a été initié le 9 décembre 2002 à la loge Jérusalem 909 de la GLNF, mais il était déjà franc-maçon, ayant été précédemment initié dans une autre obédience [59] – peut-être la Grande Loge de France. L’ancien ministre Olivier Stirn a été également affilié à la GLNF, après être peut-être passé au Grand Orient [60]. Parmi les ministres actuellement en poste, on cite souvent comme membres de la GLNF le ministre de la Coopération Pierre-André Wiltzer [61], le ministre de la Justice, Dominique Perben, et celui des Libertés locales, Patrick Devedjian [62]. La rumeur cite également avec insistance le premier ministre, Jean-Pierre Raffarin [63].

Michel Mouillot, ancien maire de Cannes, fut un membre haut gradé de la GLNF jusqu’à sa démission en 1996, date à laquelle, mis en cause dans l’affaire Botton, il fut inculpé et écroué par le juge Jean-Pierre Murciano. II fréquentait la loge Les Fils de la Vallée, à Mouans-Sartoux (06). L’ancien ministre RPR des Sports, Guy Drut, a été mis en sommeil par la GLNF après avoir été mis en examen par la justice [64].

Les scandales de la GLNF

Trop de frères de la GLNF furent mêlés à des scandales financiers ou judiciaires pendant la dernière décennie du XXe siècle pour qu’on puisse en faire ici l’énumération [65]. Bornons-nous à quelques exemples caractéristiques. Ainsi celui du Tribunal de commerce de Bobigny, troisième de France par l’importance des affaires traitées, dont le président et les juges, tous membres de l’obédience, furent mis en examen en 1991 [66].

En 1999, le F. Roger Trinquet a démissionné de la GLNF et a déposé plainte entre les mains du procureur de Nice, Éric de Montgolfier, en dénonçant des détournements de fonds auxquels, affirmait-il, se livraient certains hauts membres de l’obédience 67 ; initié en 1984 à la loge Le Précurseur, Roger Trinquet avait été trésorier adjoint de la province Alpes-Méditerranée.

En 2000, le F∴ Guy Kornfeld était suspendu par la GLNF : ce « membre du collège national » et « adjoint au directeur des cérémonies » « avait été interpellé et inculpé à Monaco pour avoir remis à la banque Edmond de Rothschild, moyennant commission, 3,6 millions de francs de bons au porteur provenant d’un vol en Belgique » [68].

En octobre 2000, la presse annonçait qu’un fonctionnaire de la Police de l’air et des frontières, Alain Bartoli, député grand porte glaive de la province Alpes-Méditerranée de la GLNF, faisait l’objet d’une information judiciaire pour avoir illégalement consulté le fichier du STIC (système de traitement des infractions constatées), pour renseigner sa loge [69].

En juin 2001, c’était le doyen des juges d’instruction de Nice, Jean-Paul Renard, qui faisait l’objet d’une information judiciaire pour avoir illicitement consulté le fichier national du casier judiciaire pour le compte de la GLNF [70] ; le juge devait simplement faire l’objet d’une « réprimande avec inscription au dossier » par le Conseil supérieur de la magistrature (alors que le ministère public avait réclamé une mutation d’office) ; le juge Renard avait par ailleurs été mis en examen le 28 septembre 2001, à Paris pour « faux et usage de faux » et « violation du secret professionnel » [71].

Quand les maçons s’intéressent aux HLM

hlm-tourmente-journal.L’affaire des HLM de la ville de Paris, rocambolesque à souhait, faillit devenir une affaire d’État mettant aux prises le camp socialiste et le RPR. Elle commença avec la mise en cause de Jean-Claude Méry [72] : ce promoteur immobilier était membre de la GLNF et trésorier de la loge de recherche Villard de Honnecourt ; il faisait également partie du comité central du RPR.

II fut mis en examen par le juge Halphen, en septembre 1994, pour une affaire de fausses factures au profit du RPR et décéda d’un cancer en juin 1999 ; mais comme il avait craint d’être assassiné [73], il avait pris la précaution, en mai 1996, de faire enregistrer sur cassette vidéo des révélations sur la corruption des partis politiques (RPR, PC, PS) qui profitaient du trucage des marchés des HLM de la ville de Paris et d’une manière générale de tous les marchés publics de l’Ile-de-France ; il affirmait notamment avoir remis, en 1986, cinq millions de francs en liquide à Michel Roussin, directeur de cabinet de Jacques Chirac, alors Premier ministre, en présence de ce dernier.

Un an après le décès de Méry, le journaliste Arnaud Hamelin, qui avait réalisé l’enregistrement, en confia une copie au journal Le Monde qui en publia le texte dans ses numéros des 21 et 22 septembre 2000. L’un des avocats de Jean-Claude Méry, Me Alain Belot, révéla alors avoir confié l’original de l’enregistrement au ministre des Finances socialiste Dominique Strauss-Kahn ; ce dernier dut reconnaître l’exactitude du fait mais affirma n’avoir jamais visionné la cassette et l’avoir égarée ! Comme il était prévisible, les deux grands partis étant également mouillés dans l’affaire, celle-ci finit en eau de boudin !

L’affaire Schuller-Maréchal

A l’affaire Méry s’ajouta rapidement l’affaire Schuller-Maréchal [74]. Didier Schuller, conseiller général RPR des Hauts-de-Seine, et directeur de l’office des HLM, était vénérable de la loge Le Silence 490 [75], de la GLNF, loge dont le trésorier était son ami, Jean-Paul Schimpf ; ces deux frères furent suspectés en 1994 d’avoir organisé un racket des entreprises du BTP au moyen de commissions occultes, par l’intermédiaire notamment du journal électoral de Schuller, Le Clichois.

L’affaire fut instruite par le juge Halphen dont le beau-père était un médecin franc-maçon, le docteur Jean-Pierre Maréchal, qui, exclu de la GLF, avait rejoint la GLNF [76] ; ce médecin psychiatre fut accusé par Schuller de lui avoir réclamé une grosse somme d’argent en échange de son « aide » fraternelle. Un piège fut tendu par la police, sur dénonciation de Schuller ; les policiers virent ce dernier remettre au Dr Maréchal un sac contenant un million de francs en coupures de 500 francs.

Arrêté, le médecin s’effondra d’abord, puis se rétracta, pendant que le parquet envisageait de dessaisir le juge Halphen. Mitterrand, alors président, contre-attaqua en saisissant le Conseil supérieur de la magistrature qui dénonça une tentative de pression sur le juge Halphen ; dans la foulée la chambre d’accusation de la Cour d’Appel de Paris annulait la procédure contre le Dr Maréchal.

Entre temps, le 31 janvier 1995, Schimpf avait été arrêté en flagrant délit, recevant une enveloppe qui contenait une cinquantaine de milliers de francs de la part d’une femme chef d’entreprise qui déclara avoir agi ainsi pour conserver ses contrats avec l’office des HLM des Hauts-de-Seine. Des perquisitions mirent en cause Patrick Balkany [77], député-maire de Levallois-Perret, qui aurait fourni un emploi présumé fictif à Schuller.

Ce dernier s’enfuit peu après, d’abord aux Bahamas, puis à Saint-Domingue où il vécut tranquillement pendant sept ans, malgré un mandat d’arrêt international, jusqu’à ce que, fin janvier 2002, son propre fils dénonce publiquement sa cachette et se répande en révélations, mouillant ainsi de nombreuses personnalités politiques de droite comme de gauche, dont plusieurs francs-maçons – la presse attribuant ce déballage à l’influence d’un psycho-sociologue nommé Christian Cotten et de l’actrice Marie Laforêt, qui était alors en instance de divorce avec un financier nommé Éric de Lavandeyra, grand officier de la GLNF !

Finalement, le 5 février 2002, Didier Schuller rentrait en France où il était mis en examen et écroué pour « recel d’abus de biens sociaux » et « trafic d’influence » ; il allait rester 24 jours en prison avant d’être libéré sous caution. Par la suite, il aurait reconnu devant les juges avoir organisé entre 1986 et 1994 tout un système de commissions occultes au profit du RPR en contre-partie à l’obtention de marchés publics de l’OPHLM des Hauts-de-Seine, et par ailleurs avoir reçu des fonds de grandes entreprises – Bouygues ou la SAE – pour environ 915 000 euros, fonds destinés à financer ses propres activités politiques. Tout récemment, le 20 novembre dernier, Didier Schuller a été réincarcéré pendant quelques jours pour n’avoir pas payé la totalité de sa caution.

Une obédience en crise ?

Ces deux affaires, des HLM de la ville de Paris et des marchés publics de l’Ile-de-France, auraient dû provoquer un séisme politique de grande envergure mais du fait que, à droite comme à gauche, chacun des grands partis de gouvernement traîne son lot de casseroles [78], personne n’a intérêt à pousser les choses jusqu’au bout [79]. Si l’on ajoute à cela l’influence que la maçonnerie, quelles que soient les obédiences, est en mesure d’exercer au gouvernement, dans la magistrature, la police, l’administration et les média, on comprend que le système est fort bien verrouillé.

Toutefois, certains frères n’ont pas apprécié ces scandales et encore moins l’attitude de la direction supérieure de l’obédience qui s’est longtemps employée à nier ou minimiser les faits, menacer les récalcitrants, crier au complot anti-maçonnique et qui n’a radié les frères les plus compromis ou supprimé les loges affairistes qu’à la dernière extrémité [80]. D’où de nombreuses démissions individuelles, des indiscrétions en faveur des adversaires connus de la Maçonnerie (dont Lectures Françaises), et plusieurs scissions comme celle d’une partie des frères relevant du Rite Ecossais Rectifié en 2002 [81], ou encore la toute récente constitution d’une Grande Loge des Cultures et de la Spiritualité qui regroupe des transfuges de la GLNF dont certains seraient issus du milieu militaire ou du renseignement [82].

En fait, quels que puissent être les efforts des dissidents et des opposants à l’actuelle direction, ce n’est pas d’eux que dépend le sort de la GLNF, ou du moins pas directement. Ce sera la Grande Loge unie d’Angleterre qui le fixera, en lui maintenant ou non sa « régularité » et donc son influence internationale. Or, pour le moment, on voit mal la GLUA patronner en France une autre obédience.

Cet article est tiré du mensuel « Lectures Françaises », numéros 560 et 561 de décembre 2003 et janvier 2004. L’Institut Civitas remercie Lectures Françaises pour son aimable autorisation. Vous pouvez vous abonner à Lectures Françaises à l’adresse suivante :

  • SA DPF
    BP 1
    86 190 Chiré en Montreuil
    Raoul Kéralio

 

 

  1. Nous avons recoupé et complété ces renseignements grâce à quelques livres récents et à de nombreux articles de presse.
  2. Sous l’impulsion d’Edouard de Ribaucourt et par scission d’avec le Grand Orient de France de deux loges : Le Centre des Amis, à Paris, et l’Anglaise 204, à Bordeaux.
  3. Grand Architecte de l’Univers, qui n’est en aucune façon le Dieu des chrétiens comme le croient les naïfs (voir à ce sujet le dernier ouvrage de Jean-Claude Lozac’hmeur : Fils de la Veuve, éditions de Chiré, 2002, 21 €).
  4. Voir par exemple les deux articles consacrés aux obsèques religieuses de l’abbé Desbrosses, qui s’était fait franc-maçon à la GLNF avec l’accord de son évoque Mgr Le Bourgeois, dans Lectures françaises, n° 513, janvier 2000, p. 47 et n° 514, février 2000, p. 14-22.
  5. Signalons au passage qu’il existe (probablement depuis peu) un « Ordre maçonnique de France » (dont le siège social est à Rognac dans les Bouches-du-Rhône) qui, d’après notre confrère Emmanuel Ratier, comporte « dans ses rangs nombre d’anciens militants nationalistes » (Faits & Documents, n° 159, 15 septembre 2003). Il est vraisemblable que la Nouvelle Droite, dont l’idéologie est très proche de celle de la Maçonnerie, en fournit une bonne partie des effectifs. Signalons également que l’ordre maçonnique dit Rite Ancien et Primitif de Memphis et Misraïm (63 rue Froidevaux, Paris, XlVe) comporte un bon nombre de gens d’extrême droite férus d’occultisme.
  6. Décédé le 18 octobre 1999 (cf. Lectures Françaises, n° 511, novembre 1999, page 11).
  7. Courrier Hebdomadaire de Pierre Debray, n° 1335 du 15 septembre 1999 ; reproduit plus amplement dans Lectures Françaises, n° 513, janvier 2000, p. 46.
  8. Entre 1945 et 1965, le plus gros des effectifs de l’obédience était constitué par des militaires anglais ou américains stationnés en France dans le cadre des accords de I’OTAN.
  9. Sur les ordres marianistes, voir l’étude parue dans Lecture et Tradition n° 311 janvier 2003 : « Jean Phaure et l’ésotérisme pseudo-chrétien »
  10. Faits & Documents, n° 124, 1 5 janvier 2002, p. 5.
  11. Faits & Documents, n° 126, 15 février 2002, p. 5.
  12. Faits & Documents, n° 137, 1er septembre 2002, p. 5.
  13. Il existe, sur la Côte d’Azur, une loge William Shakespeare « dont le principal objet est d’initier des hauts fonctionnaires étrangers, notamment africains » (Ghislaine Ottenheimer et Renaud Lecadre : Les Frères invisibles, Albin-Michel, 2001, p.85)
  14. Près de 80 % des ministres congolais appartiennent a la GLC d’après La Lettre du Continent de décembre 2002.
  15. Son prédécesseur, Léon M’Ba, était également franc-maçon il avait été initié à Brazzaville, à la Loge L’Etoile du Congo du Grand Orient de France.
  16. Les districts sont l’équivalent des provinces maçonniques pour les anciennes colonies, pour les territoires d’Outre-Mer et pour certains pays étrangers où la maçonnerie est en voie d’installation.
  17. Il existe également dans cette ville des loges fondées par le Grand Orient de France et par la Grande Loge de France.
  18. Beau-père du F. Omar Bongo qui a épousé sa fille Edith.
  19. Les Frères invisibles, p, 175-176.
  20. Les Frères invisibles, p. 327.
  21. Les Frères invisibles, p. 173.
  22. Ce dernier aurait été initié par un dignitaire de ia GLNF Jean-François Humbert ; cf. Les Frères invisibles, p . 48 et 174-175.
  23. Rappelons qu’à l’époque franquiste, la maçonnerie était théoriquement interdite.
  24. Actualités – Journal d’information de la GLNF, n° 8, mars-avril 1984, p. 2 et 3.
  25. « La lumière vient de l’Orient », une des devises maçonniques.
  26. Cf. Valeurs Actuelles, 17 septembre 1990, p. 33.
  27. Ces organismes désavouèrent les premières tentatives faites par un Roumain, membre de la GLNF, pour prendre contact avec le nouveau dirigeant du pays, Petre Roman. Cf. Valeurs Actuelles, 17 septembre 1990, p. 33.
  28. L’Express, 9 janvier 1992, p. 62 à 67. n° 118 ter octobre 2001 , p. 5.
  29. Cf. Faits & Documents, n° 118 ter octobre 2001 , p. 5.
  30. Chiffre donné par La Gazette de Lutèce (bulletin de liaison des loges de la Province de Lutèce), n° 13, été 6003 (sic ; il s’agit de l’année 2003 en langage maçonnique). Nous ne pouvons évidemment pas garantir l’exactitude du chiffre.
  31. A titre de comparaison, signalons que le Grand Orient de France revendiquait en 2002 près de 42 000 frères et la Grande Loge de France près de 25 000.
  32. Ancien fabriquant et distributeur de bières, fondateur et ancien vénérable de la Loge Bartholdi, ancien Grand Maître Provincial de la Côte d’Azur, puis Député Grand Maître de l’obedience (Les Frères invisibles, p. 84).
  33. Ce local est la propriété de la Société Civile Immobilière Christine de Pisan.
  34. Son prédécesseur était un notaire parisien, Me Pierre Lacorne, qui a démissionné.
  35. Pour ce rite et les suivants, voir les explications infra.
  36. La loge « Reine de Saba » n° 835.
  37. Nous avons utilisé pour ce chapitre Alec Mellor : Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie et des Francs-Maçons, Belfond, Paris, 1979, Daniel Ligou : Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie, P.U.F., 1987, et Eric Saunier (dir) : Encyclopédie de la Franc-Maçonnerie, Le Livre de Poche,2000.
  38. Sur la loge Villard de Honnecourt, voir Lectures Françaises, n° 395, mars 1990, p. 16 à 18.
  39. Voir le Dictionnaire de la Politique Française, d’Henry Coston, t. ter.
  40. Il avait également fondé deux autres loges : « Rectitude » à Marseille et « Europe Unie » à Paris.
  41. Plusieurs loges dans chacune de ces villes.
  42. Voir les détails de cette affaire dans notre la suite de cet article.
  43. Le « Royal Arch » constitue le grade supérieur du rite Emulation. L’Acte d’Union qui a constitué en 1813 la Grande Loge unie d’Angleterre a inclus dans la maîtrise « The supreme Order of the Holy Royal Arch », ce qui permettait aux partisans des hauts grades (contestés par beaucoup) de constituer un « suprême degré » tout en affectant de n’en faire qu’une extension du grade de maître. Mais tous ceux qui ont reçu ce degré se réunissent dans des chapitres (on appelle ainsi les loges réservées aux maçons des grades supérieurs) qui sont administres par un « grand chapitre de la Sainte et Royale Arche de Jérusalem » Il en existe un dans tous les pays où se trouve une Grande Loge régulière unie à celle d’Angleterre et où se pratique le rite émulation. Par ailleurs, « Arche Royale » désigne deux grades maçonniques au Rite Ecossais ancien et Accepté : les 13e et 22e dignes, mais ils n’ont aucun rapport avec l’Arche Royale du rite Emulation (cf. Alec Mellor : Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie et des Francs-Maçons, Belfond, Paris, 1979, p. 45 à 48, 193-194 et 198 à 200 et Daniel Ligou : Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie, P.U.F. , 1987, p. 1054 à 1055.)
  44. Il s’agit vraisemblablement de la réunion des maçons du 33ème degré écossais qui portent le titre de Souverain Grand Inspecteur Général.
  45. Actualités – Journal d’information de la GLNF, n° 8, mars-avril 1984, p. 7. Ce journal est normalement réservé aux Frères de l’obédience, mais il nous avait été envoyé par un correspondant anonyme.
  46. II aurait démissionné de l’obédience en février 2001 (Faits & Documents, n° 111, 15 mai 2001 et Lectures Françaises, n° 531-532, juillet-août 2001, p. 19).
  47. Sur Jean Phaure, voir l’étude parue dans Lecture et Tradition n° 311, janvier 2003 : « Jean Phaure et l’ésotérisme pseudo-chrétien », par Christian Lagrave.
  48. Le duc de Kent est Grand Maître de la Grande Loge unie d’Angleterre depuis 1969.
  49. L’Express, 27 janvier 2000, p. 86 et Les Frères invisibles, p. 97-100.
  50. Les Frères invisibles, p. 21 et 175 et Faits & Documents, n° 143, 1er décembre 2002.
  51. Le Nouvel Observateur, 1er juin 2000, p. 26.
  52. Le Figaro Magazine, 13 avril 2001, p. 7. La loge Erasme a effectivement été mêlée à une affaire de corruption dont L’Express s’est fait l’écho (n° du 27 novembre 2000, p. 85). Pierre Marion a consacré un livre à la Maçonnerie intitulé Mes bien-aimés frères, histoire et dérives de la franc-maçonnerie, Flammarion, Paris, 2001.
  53. Les Frères invisibles, p. 256.
  54. Les Frères invisibles, p. 206, 256-257 et 323.
  55. Sur l’influence de la maçonnerie à la Française des Jeux, voir Les Frères invisibles, p.248-250.
  56. Nous avons trouvé ces renseignements dans trois documents qui nous ont été envoyés anonymement à des époques différentes ; il s’agit d’une part d’une convocation pour la tenue régulière du jeudi 7 avril 5994 (1994) de la loge Logos 410 qui comporte la liste des membres fondateurs, des « passés maîtres » et des officiers de la loge. Voici la liste des membres fondateurs : Claude Avisse, Didier Bariani, Georges Bernard, Pierre Bertin, Denis Blanchard-Dignac (son homonyme et probablement parent, Christophe, figure lui au collège des officiers), Michel Blin, Jean-François Chary, Patrick Faure, Guy Longeville, Bernard Mercier, Jean-Loup Morle, Max Offman, André Rossi (il s’agit du député UDF décédé en 1994), Jean-Claude Smadja (s’agit-il du même personnage que le Claude Smadja qui dirigeait en 1999 le Forum de Davos ? Nous l’ignorons – cf. Lectures Françaises, n° 503, mars 199, p. 21), Marcel Soroquère. D’autre part de deux invitations, datées des 15 avril et 26 septembre 1988, émanant du Cercle de Paris, Tour Tokyo, 20 avenue d’Ivry, 75645 Paris ; la première rappelait les récentes réceptions, à des dîners-débats, de Michel Rocard, Raymond Barre et Jacques Chirac, regrettait le refus de François Mitterrand et annonçait la prochaine venue de Pierre Bérégovoy ; la seconde, signée du président du cercle Claude Avisse, annonçait un prochain dîner avec Philippe Seguin.
  57. Le Nouvel Observateur, 1er juin 2000, p. 24 ; Les Frères invisibles, p. 131 et 206.
  58. Maurice Beaudoin : « Joël Robuchon : franc-maçon et fier de l’être », Le Figaro Magazine, 21 juin 2003, p. 38-39.
  59. II est donné comme maçon par Les Frères invisibles, p. 55, et il était président d’honneur de la fraternelle maçonnique Le Carrefour de l’amitié (Faits & Documents, n° 145, 15 janvier 2003, p. 5).
  60. C’est ce qu’indique Emmanuel Ratier dans son Encyclopédie politique française, 1992, mais Jean-André Faucher (lui même franc-maçon) le donne comme « initié au sein de la Grande Loge Nationale Française » dans son Dictionnaire historique des Francs-Maçons, Perrin, Paris, 1988, p. 328.
  61. Faits & Documents, n° 143, le 1er décembre 2002, p. 5.
  62. Ces deux derniers noms sont cités, avec des réserves, par notre confrère Emmanuel Ratier (Faits & Documents, n° 133, 1er juin 2002, p. 5).
  63. Emmanuel Ratier mentionne cette rumeur (Faits & Documents, n° 136, 15 juillet 2002, p. 5), mais contrairement à ce qu’il indique, elle ne court pas seulement depuis l’arrivée à Matignon du premier ministre ; elle circulait avec insistance à Poitiers alors qu’il n’était que président de la région Poitou-Charentes.
  64. Les Frères invisibles, p. 323.
  65. Le F. Pierre Marion cite, dans le chapitre 10 « Dérives ou hérésie » de son livre Mes bien-aimés frères, l’affaire Schuller-Maréchal, les dévoiements des tribunaux de commerce, les détournements de fonds lors de la construction de la tour BP à la Défense, la passation de marchés par la mairie de Grenoble, les détournements au CIC de Paris, la mise en cause de Michel Mouillot, etc.
  66. Les Frères invisibles, p. 208.
  67. Le Figaro Magazine, 13 avril 2001, p. 12 ; voir aussi Lectures Françaises, n° 530, juin 2001, p. 12.
  68. Le Nouvel Observateur du 22 juin 2000, p. 14 ; voir aussi Les Frères invisibles, pp. 86 à 88 et 322.
  69. La Nouvelle République du Centre-Ouest, 30 octobre 2000, p. F.
  70. Le Figaro, 9/10 juin 2001 et Lectures Françaises, n° 531-532, juillet-août 2001, p. 18.
  71. La Nouvelle République du Centre-Ouest, 10 janvier 2002.
  72. Voir Les Frères invisibles, p.159.
  73. Ces craintes n’étaient pas sans fondement : voir le très étrange « suicide » des frères Saincené qui avaient été en relation avec J.-CI. Méry et qui furent trouvés asphyxiés dans leur garage (Lectures Françaises, n° 456, avril 1995) ; on peut également trouver dans Les Frères invisibles, pp. 109-114 et 274-279, une liste impressionnante de personnages mystérieusement « suicidés » ou morts « accidentellement » alors qu’ils jouaient un rôle clé dans des scandales où la maçonnerie était impliquée.
  74. Sur cette affaire, voir Valeurs Actuelles du 18 février 1995, pp. 24 à 26, Lectures Françaises, n° 456, avril 1995 p. 22, la presse quotidienne du 24 janvier et du 6 février 2002 et Les Frères invisibles, pp. 108-109 et 159-160.
  75. La loge fut fermée ensuite par l’obédience, cf. Les Frères invisibles, p.109.
  76. Cf. le magazine Challenges, octobre 1995, pp. 80 et 83.
  77. Patrick Balkany a démenti, dans une lettre publiée par Le Nouvel Observateur du 22 juin 2000, p. 45, avoir « jamais été franc-maçon, ni membre de quelque obédience que ce soit ».
  78. « De 1989 à 1996, sur les 2 % de commissions occultes prélevées sur les contrats de rénovation et de construction des lycées d’Ile-de-France, un gros tiers (0,8 %) serait allé au parti [socialiste], à charge pour les argentiers de la rue de Solferino de rétrocéder unepart des sommes collectées à leurs homologues du PC » (Valeurs Actuelles, n°2341, 8 décembre 2000, p. 27).
  79. On trouve une analyse globale de ce scandale du financement des partis politiques dans Lectures Françaises, n° 525, janvier 2001, p. 17 à 21.
  80. Voir Les Frères invisibles, chapitres 4 et 16.
  81. Voir Faits & Documents, année 2002.
  82. Voir étude détaillée dans Faits & Documents, n° 159, 15 octobre 2003. Nous nous demandons, pour notre part, si cette scission n’est pas tout simplement due à l’influence du F. Yves Trestournel, qui fut pendant plus de 20 ans Grand Secrétaire (et souvent patron occulte) de la GLNF, avant d’être écarté en 2001 par une opportune mise à la retraite, car il serait en très mauvais terme avec le nouveau Grand Maître Foellner. Mais ceci n’est qu’une hypothèse.
Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s